Lorsque CanalSatellite fut lancé, une des premières chaînes à y être fut la chaîne C: (cédeuxpoints) et son service de téléchargement appelé C:Direct.
J'ai connu C: en 1997. L'actionnaire était Canal+, qui dans le même temps avait lancé sur son antenne les émissions Cyberflash, avec la virtuelle Cléo, et Cyberculture. la première était quotidienne et durait 7 minutes, la seconde était mensuelle. On pouvait retrouver d'ailleurs Cléo sur C: pour vanter les produits... En réalité, en journée, C: n'était que ça: une boucle qui vantait les logiciels à télécharger , avec des commentaires assez drôles... A partir de 18 heures , les programmes commençaient à émettre, et c'était Léon Mercadet ( aujourd'hui sur i>télé dans I comme Icare), qui tenait une chronique de trois minutes. Ensuite, il y avait une émission de Jeux-vidéos anglo-saxone doublée en français ( par une certaine Laurence) qui s'appelait Cybernet. Il y passait également des mangas et des séries, et même des émissions sur l'animation (SPLAT!) ou l'actualité des Etats-Unis ( Undercurrents) . Il n'empêche que , dans le créneau 18/21 heures, j'ai découvert des mangas d'animation tels que Les Chroniques de la Guerre de Lodoss, Evangelion ( en VOST, SVP), et une série britannique à petits moyens mais tordante, The Red Dwarf. Elle aussi en VO Sous-titrée. Je me souviens aussi d'une émission sur la fin intitulée Warp Zone dont une partie du générique sera reprise pour faire les jingles de la chaîne que succèdera à C:. La boucle de programmes était renouvelée toutes les semaines.
C: était faite avec des bouts de chandelle , et malgré le manque de moyens, il y avait une certaine volonté de nous faire découvrir certains programmes. Les Jingles étaient assez inventifs et faits de la même manière que les anciens jingles pub de M6: C'est à dire, on prend le logo et au moyen d'un ordinateur on l'anime et on met une musique ou des bruitages. Le jingle annonçant "Jeux"était particulièrement bien trouvé. L'équipe qui était derrière tout ça, était composée de El Didou , Patrick Saréa, Patrick Giordano , et Jean-Marc Dupire.
En septembre 1998, Canal+ décide de mettre plus de moyens et faire une vraie chaîne parlant jeux-vidéos pour les passionnés. Elle s'associe à l'éditeur Infogrames, et le duo créé ainsi Game One le 7 septembre. le capital de la chaîne est détenu à parité. L'ancienne équipe que faisait C: est conservée, certains hommes de l'ombre apparaissent à l'antenne, Patrick Giordano est le premier directeur des programmes de la chaîne.
La chaîne lance progressivement ses propres émissions, notamment des News, présentées en français par Ness et en Anglais par Mirabelle ( aujourd'hui sur Cinécinéma Famiz).
Elle lance un nouveau concept, baptisé Level One. L'émission, présentée par Marc Lacombe, dit Marcus, présente l'animateur entrain de jouer à un jeu, généralement au début, et il tentait de passer les niveaux. Bon Marcus n'était pas mauvais, on va juste dire "peu bon" mais au moins il assumait. Que de souvenirs... Certains de ceux qu'ils ar réalisés sont aujourd'hui devenus cultes, il n'hésitait pas à inviter des gens qu'il aimait bien , comme Philippe Peythieu et Véronique Augereau, respectivement doubleurs de Homer et Marge Simpson dans la série du même nom, Marcus en étant un grand fan. Parfois d'autres animateurs le rejoignaient pour faire des parties en multijoueurs. L'émission a été un temps diffusée en anglais , et c'etait un homme du nom de Edward qui était à la place de Marcus.
Une autre m'a marqué, il s'agit de @Game One ("at" Game One), présentée par El Didou, sorti tout droit de chez Player One. Son style particulier en a irrité plus d'un, mais moi j'aimais bien. L'émission n'a hélas pas duré très longtemps. Suite à un conflit avec la direction, Didou part de la chaîne.
Pour combler les trous, on y diffusait des clips. Mais attention, pas les clips de MCM ou de MTV, là c'était un montage de diverses séquences de jeux, ou des séquences d'intro de certains, avec des musiques que je n'ai jamais plus eu l'occasion d'entendre ailleurs!!! Je dis ça, parce que ces clips de jeux étaient vraiment très bien réalisés, et le choix des musiques bien trouvé.
Mémoire vive , était une excellente émission qui permettait de revoir les titres des consoles 16 bits et antérieures.
Petit à petit, de nouvelles émissions remplacent celles datant de 1998, mais l'esprit est toujours là. On rajoute des séries, bien trouvées pour la plupart, ainsi que des soirées thématiques comme les Omnibus ou les Mercredis très spéciaux, et la diffusion de certaines séries et mangas en version non censurée , comme Nadia et le secret de l'Eau Bleue. Elle sera la seule chaîne à assurer en direct le lancement (désastreux) de la PS2 au Virgin des Champs-Elysées.
Mais voilà. Canal+ perd de l'argent et est au plus mal en 2001. Pour réduire sa dette , elle doit se séparer de certains actifs. Dont Game One. Infogrames en devient le seul actionnaire. le nouveau directeur, Mickael Sportouch, décide de réduire les coûts , et fait des coupes sévères. Mais voilà. La crainte de ce que tout le monde voyait arriver se confirme: La perte de l'indépendance et de la liberté éditoriale de la chaîne. Les tests de certains rédacteurs sont censurés, la critique envers les jeux Infogrames est interdite. La presse ( Joypad, Libération) s'empare de l'affaire et la révèlent au public.
Le 6 février 2002, Didou, qui était revenu, annonce l'arrêt de sa nouvelle émission , Dawa.
Le 27 février, c'est au tour de Patrick Saréa d'annoncer son départ . Le même jour, et après un Level One consacrée à Metal Gear Solid 2: Sons of Liberty, en direct, Marcus annonce également qu'il va quitter la chaîne . "Si je reste, je serai obligé de vous mentir à un moment ou à un autre, et ça, je ne peux pas, par honnêteté envers moi, mais surtout envers vous". Tous les autres "piliers" quittent eux aussi la chaîne.
La suite , ce sera la transformation progressive de la chaîne en une chaîne d'auto-promotion et de télé-achat. La rentrée 2002 voit arriver un habillage absolument horrible et assez glauque, il faut bien le dire. La GameZone voit l'arrivée d'une nouvelle animatrice, Julie Chevillat et d'un gros beauf à casquette, Dominique ( Jordy vieillit vite, dites donc!) et cela devient un grand n'importe quoi, et l'apport de certains journalistes issus de la presse de Jeux-Vidéo pour asseoir une crédibilité à la chaîne ne prend pas. Les téléspectateurs, mécontents, envahissent en masse les forums de la chaîne pour s'exprimer. En réponse, la direction ferme les forums.
Les télépectateurs désertent, la chaîne enregistre les plus mauvais scores d'audience depuis sa création et n'est toujours pas rentable, malgré les dires de Sportouch. Infogrames décide de revendre la majorité des parts à MTV en 2003, qui en devient l'actionnaire principal. C'est toujours le cas actuellement.
Bon, il a fallu du temps pour que MTV mette en place son travail et répare les dégâts causés par Infogrames, mais au final... Comment dire... C'est pas trop mal. En tout cas, ce n'est pas pire qu'avant, mais pas aussi bien que lorsque Canal était actionnaire. Les téléspectateurs reviennent, et les échos redeviennent positifs.
Mais quel gâchis tout de même, cette histoire... Alors qu'elle était destinée aux passionnés, elle est devenue grand public. Depuis 2006, elle se définit comme "la chaîne de la génération digitale" et donc, cherche à se diversifier vers les nouvelles technologies. Dommage , parce que moi , j'aimerais bien voir plus de jeux-vidéos à l'antenne. Et que l'on cesse de diffuser des clips que l'on voit sur MTV comme ceux d'Avril Lavigne. Je suis déçu de ce que certains en ont fait, alors qu'elle aurait vraiment pu être la chaîne de référence des Jeux-Vidéo en Europe . Dommage parce que l'habillage et les Jingles faits par les Daft Punk sont plutôt bons.
Mais sur Freebox, elle a du souci à se faire. En effet, Free vient de communiquer la date de lancement de Nolife, dans laquelle il y a des anciens de Game One, pour ce vendredi premier juin, à 21 heures, sur le canal 32. j'espère y retrouver ce que game One a définitivement perdu...
Après plus de deux semaines de diffusion, je peux déjà émettre un avis sur la chaîne Nolife, que les heureux possesseurs de Freebox peuvent regarder sur le canal 32 de leur boîtier...
Hé bien , pour tout vous dire , c'est pas mal du tout!
Mais on va commencer par les aspect négatifs tout de même.
Le premier point noir, reste, pour le moment, la tracklist proposée, quel que soit le module: Musique japonaise, Indépendants ou Jeux Vidéo. Ce n'est pas assez varié. Dommage, parce que ça ne va pas inciter les gens à regarder et les plages de clips prennent une part importante de la grille. mais bon la chaîne débute , et c'est largement excusable pour le moment .
Ensuite, elle prend pas mal de débit. Alors que messieurs Ruchet et Pilot aient voulu voir les choses en grand, je comprends. Il est vrai que la qualité d'image est excellente et pareil pour le son. Cependant, il faut avoir un débit de 3,8 à 4 Mb/seconde pour que la chaîne passe sans saccades . De 3,5 à 3,8, il y en a quelques unes pas bien méchantes, en dessous, c'est vraiment juste, et, en deçà de 3,0 Mb/seconde, la chaîne devient irregardable. problème: ma freebox V5 étant reliée au boîtier TV par wi-fi, elle monte rarement au delà de 3,5 Mb... Mais c'est rare qu'elle descende également en dessous de 3 Mb également, même si ça arrive. Mais d'autres chaînes arrivent pourtant à passer avec un débit moindre... Un effort pour les lignes un peu justes, messieurs de chez free ?
Je n'ai pas encore vu de coupure publicitaire. Pour une chaîne gratuite, comment vont rentrer les fonds ? On verra avec le temps, Direct 8 a mis un an avant d'avoir des annonceurs.
Les points positifs:
Pour le moment, tout le reste.Du moins, de ce que j'en ai vu.
L'habillage de la chaîne, est très bien pensé. Dans le coin supérieur gauche, nous avons le logo Nolife. Et la ligne qui sert à souligner le nom s'affiche progressivement, car elle sert de barre de progression d'un programme., d'un clip, ou d'une séquence. Fallait y penser! le logo change de couleur selon la séquence: Rouge pour la musique japonaise, jaune pour les indépendants, bleu pour les jeux-vidéo, vert pour le rétro-gaming, violet pour les séries et gris pour les autres .
Tout comme lors des plages de clips, le nom et l'artiste restent affichés en bas à droite, discrètement. Plus besoin d'attendre le bandeau pour savoir qui chante! De plus, et malgré le manque de variété, je suis content de trouver des chanteurs non marqués MCM ou MTV et les majors qui les accompagnent... ( Vous ne trouverez pas Kyo sur la chaîne... Enfin, si ,pas le groupe soi-disant rock, mais l'anime, en VOST, s'il existe...)
A partir de 19h, c'est l'émission 101% , le rendez-vous de la chaîne, présentée en alternance par Davy Mourier et Benoît Legrand. Elle dure un quart d'heure et tourne autour des jeux vidéo. Si je dis "tourne", c'est parce que , à part les inamovibles news présentées en off par Sébatien Ruchet Himself, les rubriques changent selon les jours, et il n'y a pas systématiquement de test, pardon de critique de jeu.
Je vais vous présenter quelques séquences:
Superplay: Le lundi en alternance. On parle d'un joueur qui a réussi un exploit , comme par exemple, finir Kid Chameleon en un quart d'heure ( exemple purement fictif, mais il est vrai que les jeux rétros se prêtent bie à ce genre d'exploit). On nous dit également comment faire pour tenter de faire pareil, comme par exemple , à quel endroit se poster , quels objets utiliser, ou non, quelles sont les meilleures techniques pour battre les boss, etc.
Sa version "ultimate" est une émission à part entière . Elle dure beaucoup plus de temps, car là, Radigo , le présentateur, est avec un "superplayer", c'est à dire que le joueur commente sa séquence de jeu, enregistrée au préalable, et dévoile certaines techniques pour réussir.
Retro and Magic , ou RAM : présentée en voix off par Julien Pirou, revient sur un jeu qui a marqué les esprits il y a de ça quelques années déjà... l'emission est rediffusée à part le soir.
La minute du geek: Présenté par Julien Pirou, avec participation de Davy Mourier et Didier Richard. Ca commence toujours ainsi: Davy affirme quelque chose de faux à Didier. genre : "Zelda , c'est que sur les consoles Nintendo"(exemple vu par moi-même) . Là, sur l'écran , arrive un "OBJECTION!!!!" tiré tout droit de Phoenix Wright ( avec Julien à la place de l'avocat). Puis Julien explique ensuite pourquoi l'affirmation est fausse. Pour le coup, c'est qu'il existe (ou existait, plutot), trois épisodes (daubesques) de Zelda sur... Le CD-I de Philips. Bien pensé.
Tokyo Café: Présentée par Suzuka , une jolie Japonaise , et en V.O.S.T. Normal, nous sommes au Japon. Suzuka parle français aux téléspectateurs mais aussi japonais avec ses compatriotes.Donc, il y a des sous-titres, plutot qu'un doublage foireux. Une émission légère, sur des thèmes légers, du genre "les gens connaissent-ils Alizée, dont toutes les radios proclamaient que même le japon nous l'enviait?" Ou alors hier, elle nous présentait un bar axé années 80 et 90... SON Japon et ses thèmes à elle, quoi. Une séquence qui, au moins , évite de tomber dans les clichés faciles sur ce pays, dans lesquels sont tombés certains:Je ne citerai pas de noms mais vais donner deux indices: M6 à l'envers et Complices de Michael Youn (si vous ne trouvez avec ça quelle est l'émission en question qui caricature à mort, vous êtes...un... UN GEEK !!!). Et puis la bonne humeur qui s'en dégage nous incite à regarder.( Tokyo café, hein, pas l'autre).
Les critiques de jeu. Comme je l'ai dit, elles ne sont pas systématiques. Elles ont le mérite d'être toutefois assez complètes. Par exemple, dans la critique de KoF XI, qui sort demain, le testeur a pris le temps de nous expliquer les "Cancel" "Super Cancel" et "Dream cancel", ainsi que les différentes jauges autres que les barres d'énergie et à quoi elles servent , exemples et zooms à l'appui. Les critiques ne donnent pas de notes aux jeux, mais le commentaire suffit amplement à comprendre ce qu'ils en pensent.
Hidden Palace: Présentée par Docteur Lakav. On nous présente ici un détail d'un jeu ou d'une série de jeux. Celle que j'ai vue était consacrée à Flicky, un oiseau créé par sega pour les besoins d'un jeu, et qui apparaît dans la saga Sonic . Adorateur de la saga du hérisson j'avoue que je n'avais jamais fait attention à certains petits détails... C'est très instructif, comme rubrique... Je me demande d'ailleurs si le nom de l'émission n'est pas tirée d'un niveau de Sonic and Knuckles, le niveau qui abrite l'Emeraude Mère, au fond des récifs de lave. Il faut que je vérifie la référence.
Mais il y en a d'autres, j'ai mis ici celles qui m'ont paru intéressantes à voir.
Comme émission à part entière, j'ai vu également "Chez Marcus". Vous vous souvenez des Level One Cultes de Game One ? Ben là on rerouve exactement le même principe et le même esprit! Fans de Monsieur Us, vous savez où aller, maintenant... Dommage toutefois, qu'à cause d'une réglementation et d'un CSA plus rigide que jamais, que, sur trois diffusés, deux l'ont été à 22h30 pour cause de jeux interdits aux moins de 18 ans...
Je n'ai pas encore vu de J-Top ( mes samedis soirs sont occupés , en ce moment), et j'ai hâte de voir l'émission EXP, consacrée aux RPG , mon genre de prédilection.
Les mangas sont pour le moment inédits sur une TV francophone et en VOST. pas de odoublage foireux.
D'aucuns diront que la chaîne sent l'amateurisme. Ben pourtant, non. Ses concepteurs ont l'air de savoir ce qu'ils font. Même si la chaîne n'est pas entièrement dévouée aux Jeux Vidéo, elle en permet une autre approche ( n'hésitez pas à dire si un jeu est une daube, les gars, faites pas comme sur Game One où tous les jeux sont, malgrés des bémols, très bons).
Nolife se range dans la catégorie Musicale: elle doit passer des clips plus de 50% du temps en respectant les quotas d'oeuvres européennes et françaises, tout en passant des séquences de groupes japonais.
Je n'ai pas parlé des séries "geek's Life" et Nerdz". J'ai du mal à accrocher à la première, bien que très courte. Nerdz, j'accroche mieux, même si le premier épisode ne m'a pas paru très marrant. Les autres épisodes que j'ai pu voir se sont rattrapés.
Voilà. je leur souhaite de tout coeur de continuer, et d'aller dans le bon sens. pas de "gameonisation". Longue vie à Nolife.