Bare Knuckle, plus connu chez nous sous le nom de Streets of Rage, est l'une des séries de Sega qui n'aura pas connu de prolongations sur les consoles de génération supérieure à la Megadrive.
Mais est-ce vraiment étonnant, quand on voit le résultat de ce troisième épisode ?
Nom: Streets of Rage 3
Editeur: Sega
Développeur: Sega
Console: Megadrive
Genre: beat'em all
Année: 1994
1 ou 2 joueurs simultanément
Une suite à succès appelle une autre suite... Il est vrai que cela était la mode sur consoles 16 bits...
Et, il faut bien le dire, Streets of Rage 2 reste à mon sens un des meilleurs beat'em all sur support 16 bits , et un des plus gros succès de la Megadrive. Sega fît donc une suite...Mais n'a aucunement réédité l'exploit du précédent volet, pire, je dirais même que c'est une déception de très grande ampleur. Pourquoi ? Je vais vous le dire tout de suite.
Le scénario, toujours aussi mince...
La ville nage en plein terrorisme, une fois de plus... Mais cette fois, en plus des bandes armées, des bombes explosent et les notables de la ville disparaissent...
Vous voyez, ça ne va pas chercher loin... Même si on appréciera toutefois la volonté de romancer un peu l'intrigue à chaque début de niveau et les fins multiples qu'il offre, dépendant cependant de votre façon de jouer.
Tout d'abord, la version testée depuis la compilation Ultimate Collection sur PS3, nous amène directement sur l'écran de présentation, sans explication aucune, ni musique.
Je lance la partie... Aïe, c'est quoi cette musique qui agresse mes tympans lors de la sélection du personnage ? Enfin, si on peut appeler ça comme ça... Parce que ça ressemblait plus à de la cacophonie...
Et c'est quoi ce look ? Ils sont pas beaux... Axel a pris des kilos et est affublé d'un horrible T-Shirt jaune citron, Blaze s'habille n'importe comment, Skate est toujours là , malgré le retour d'Adam délivré dans l'épisode précédent, et max est remplacé par un horrible papy robot sans aucun charisme... Vous parlez d'un casting...
Mais laissons cela un peu de côté pour s'interesser au gameplay.
On retrouve les système en vigueur depuis l'épisode précédent, c'est à dire A pour les coups spéciaux, B pour un coup de poing classique, et C pour les sauts. Restent quelques subtilités qui sont plutôt bien trouvées. Les coups spéciaux ne consomment pas d'énergie... A condition que la petite barre verticale à droite de la barre de santé clignote sur « OK » , ce qui implique qu'on peut les utiliser plus souvent, mais pas de manière répétitive. Les armes ont une durée limitée: au bout d'un certains nombre de coups donnés, elle disparaitra, car usée. On notera la disparition du chronomètre, maintenant vous aurez tout le temps de castagner des ennemis... qui arriveront par vagues entières... Mais j'y reviendrai.
Le jeu se compose à peu près comme les deux précédents: 7 niveaux à parcourir de la gauche vers la droite avec, bien entendu, un boss de fin de niveau bien plus coriace que les petits boss que l'on rencontre à chaque fin de section.
Vous allez me dire, il est plus court que les autres, y'a un niveau en moins...
Et je vous répondrai: Oui, mais il faut relativiser ce défaut. Le dernier niveau variera selon votre façon de jouer et comment vous aurez terminé le niveau 6, ce qui permet d'avoir accès à différents épilogues. Une bonne idée, mais gare au joueur qui voudrait jouer en facile, qui se retrouvera pénalisé et son aventure s'arrêtera au niveau 5.
Et maintenant, parlons des choses qui fâchent...
La version présente dans l'Ultimate Collection est la version occidentale du jeu, c'est à dire celle à laquelle ont eu droit les Américains et Européens... Comprenez une version horriblement difficile, difficulté relevée pour je ne sais quelle raison, le mode normal occidental correspond au mode very hard japonais... Vous comprenez pourquoi je parlais de vagues d'ennemis, maintenant ?
Le jeu est de plus passé par la case censure, mais genre censure violente quoi, que les amerloques ont imposé au nom du puritanisme. Un boss gay a été retiré du premier niveau , les prostituées sont rhabillées et de façon vulgaire. Sans compter le charcutage pur et simple de la scène d'intro avec la bombe qui explose au cœur de la ville. Encore bravo...
Mais que le jeu soit japonais, américain ou européen, on a du mal à accepter de jouer dans des décors soit vulgaires, soit quelconques. Ce n'est en général pas très beau, effets spéciaux ratés, et on reprend les sprites du deuxième et on les réintroduit ici, histoire de ne pas se fouler. L'ordre et le choix de certains niveaux est de plus très discutable. Et si les décors ne vous font pas saigner assez les yeux, vos oreilles vont souffrir. Difficile de jouer, même à deux, dans une ambiance répétitive de succession de bruits rythmiques sans aucune harmonie... Bon alors ok, quelques thèmes sympas, mais sans plus. Même le thème des boss est raté! Que s'est il passé ? Il nous a pondu quoi, le sieur Koshiro ? J'espère qu'il s'est rendu compte après que faire confiance à une machine, ce n'est pas forcément bon...
Voilà ce qu'est en fait ce jeu: de bonnes idées gâchées au milieu de très mauvaises qui nuisent au plaisir de jeu. C'est dommage, parce que normalement, multiplier les pains ( dans la figure) devrait rester un plaisir... Mais non. Une suite de suite vulgaire et limite paresseuse par certains aspects, que l'on s'empressera d'oublier. Un quatrième épisode aurait sans doute permis de laver l'honneur de la série, mais apparemment, Sega semblait déjà être passé à autre chose...
crédits images: freewebs et emunova. copyright Sega 1994
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander